Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Love Letter

par Mary

publié dans la lettre à Helga , Bergsveinn Birgisson , zulma , scandinavie , islande , campagne , amour , rentrée littéraire 2013

Love Letter

C’est l’histoire d’une lettre. Une longue lettre qui aurait dû être écrite depuis longtemps par un homme, Bjarni, à la femme qu’il a le plus aimé et qui n’était pas la sienne, Helga.

Bjarni est un vieux fermier qui revient sur sa vie. Marié à une femme qui ne se supporte pas et s’aigrit parce qu’elle ne peut concevoir d’enfant, il se réconforte tant bien que mal en s’occupant de ses champs et de ses brebis. Il va rencontrer l’amour, avec un grand A, le grand Amour, en la personne d’Helga, sa voisine. Ils vont vivre un amour passionné, enflammé, foudroyant, comme ils n’en avaient jamais connu.

Tout s’écroule lorsqu’Helga tombe enceinte. Elle propose à Bjarni de tout quitter, partir s’installer à Reykjavik pour vivre leur amour. Mais il n’y avait qu’une seule chose que l’homme ne pouvait pas abandonner, une seule : sa terre, sa façon de vivre, ses bêtes. Il veut gravir les collines enneigées, tirer la barque sur la glace, récolter le foin pour les longs mois d’hiver, pêcher le saumon. Il est né les pieds et le cœur dans la terre, elle fait partie de lui, l’a façonné de telle façon à ce qu’il ne puisse jamais s’en dissocier. Et c’est précisément ce qu’elle lui demande.

Il prend alors la pire décision de sa vie. Il refuse. Sa fille deviendra donc celle de son voisin, et Helga, son seul et unique amour, se détournera de lui pour toujours. Plus les années passent, plus le poids de la séparation est lourd et douloureux. Il voit grandir sa fille, dans un monde qu’il ne comprend pas toujours, la voit s’éloigner, vivre sa vie, sans lui, sans qu’elle n’ait jamais su qui il était. Devenu très vieux, il tient à se confesser.

En Islande, la nature est dure et cruelle. De fait, les deux tiers de la population vit à Reykjavik, les campagnes étant des endroits reculés peuplés d’êtres étranges d’un autre temps. Cette défense de la culture et de l’art de vivre traditionnel islandais, cette protection du patrimoine et la valeur accordée à la terre, on la vit, on la ressent dans les pierres, dans la neige, décrites par Bjarni. On comprend un homme enraciné, prisonnier volontaire des éléments, pétri de poésie et d’émerveillement devant la beauté de la nature, qui écrit des mots doux qu’il n’est pas habitué à prononcer et raconte la douleur de s’être lui-même privé de l’amour de sa vie.

En 150 pages d’amour, c’est aussi toute la culture paysanne islandaise qui vient à nous, avec la même dévotion au patrimoine islandais que l’on retrouve également, par petites touches, chez Indridason.

Je compris que le mal, dans cette vie, ce n’étaient pas les échardes acérées qui vous piquent et vous blessent, mais le doux appel de l’amour auquel on fait la sourde oreille – la lettre sacrée à laquelle on répond trop tard, car je le vois bien à présent, dans la clarté du dénouement, que je t’aime moi aussi.

Bergsveinn Birgisson, La Lettre à Helga, Ed. Zulma, août 2013.

Commenter cet article

Nadael 17/10/2013 16:08

Je ne lis que de jolies critiques sur ce livre. J'aime beaucoup la littérature islandaise, Indridason et Olafsdottir...

Mary 17/10/2013 16:34

J'aime beaucoup Indridason aussi, mais je n'ai pas été tentée par Olafsdottir, j'essaierai peut être à l'occasion. Et oui, en effet, nous n'avons que de très bons retours sur ce livre :)