Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Call of the Wild

par Mary

publié dans sue hubbell , une année à la campagne , apiculture , nature writing , ozarks

Call of the Wild

Le printemps, puis l’été, l’automne et l’hiver, puis à nouveau le printemps. C’est à ce cycle perpétuel qu’est consacré le récit de Sue Hubbell, une biologiste qui a décidé de changer de vie et de s’isoler dans les collines des Ozarks, dans le Missouri. Elle qui ne connait que la théorie de la vie animale découvre chaque jour que la nature est un bien meilleur professeur que n’importe quel cours d’études supérieures. Elle élève ses millions d’abeilles dans les ruches disséminées sur le plateau, d’où son surnom de « Dame aux Abeilles », et se débrouille pour en vivre.

Elle a décidé de changer ses préoccupations, de tout réapprendre ; une aventure dont elle n’imagine pas les conséquences. La routine des saisons prime sur celle de la vie, il y a un temps pour tout : récolter le miel, couper son bois, se promener avec les chiens, apprendre les bases de charpenterie et retaper la grange, et bien d’autres occupations dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence. En harmonie avec la nature, elle fait partie d’un cercle en étant tout à la fois actrice et spectatrice. « Lorsque je manipule et modifie n’importe quelle partie du cercle, il y a des répercussions sur tout l’ensemble ». Une façon bien humble de rendre hommage à la nature qui l’entoure, source de vie et de revenus pour qui sait l’apprécier et l’utiliser à sa juste valeur.

La poésie des Ozarks se voit, se sent, s’entend et s’imagine. Le vent dans les fleurs sauvages, le bourdonnement des abeilles, la neige duveteuse, l’odeur du bois de la miellerie, et autres portraits naturels se dispersent çà et là comme de petites touches de bonheur. Dans sa préface, J.M.G. Le Clézio écrit avec pertinence « Le journal de Sue Hubbell est tout le temps merveilleux. Son savoir, la beauté de son écriture, sa malice rendent parfaitement intelligible la simple leçon qu’elle nous propose. Non pas avec de grandes idées, ni avec de grands mots, mais en nous montrant toutes les formes de la vie autour d’elle […] J’ai souvent rêvé d’un livre complet, où il y aurait les oiseaux, les insectes volant dans la lumière du matin, les gouttes accrochées dans les toiles des araignées, le ciel changeant selon les saisons, l’odeur de la pluie et le bruit du vent, les cris des animaux, un livre où on sentirait la chaleur du soleil, le toucher léger des plantes, un livre où il y aurait les secrets visibles et invisibles du monde […] Il me semble que le livre de Sue Hubbell est ce livre-là » Il n’est pas question d’humilité que de reconnaître que je ne pourrais jamais dire mieux. C’est juste naturel, c’est pourquoi j’ajouterais simplement que ce livre est un enchantement.

« Je me demande si je ne retourne pas à l’état primitif. […] Une maison est trop petite, trop limitée. Je veux le monde entier, et aussi les étoiles ».

Sue Hubbell, Une année à la campagne, Ed. Folio, septembre 2011, préface de J.M.G. Le Clézio

Commenter cet article

Mama 01/05/2013 23:22

toujours billant...!